Le collectionneur est prêt à tout pour satisfaire sa marotte. Il est animé par cette pulsion irrépressible, cet appétit insatiable d’acquisition qui régit son existence.
Quel que soit le type de collection, chaque objet a un sens particulier pour son possesseur sans rapport avec sa rareté ou sa valeur marchande. Il est le prolongement de la personne du collectionneur.
Dans ce processus de valorisation narcissique, le collectionneur tente de restaurer l’image de lui-même en la complétant sans cesse d’éléments nouveaux. Son comportement devient dangereux lorsque la collection-thérapie a dépassé son but. L’aspect passionnel prend le dessus, et il perd toute notion de réalité….
Le collectionneur ayant dérapé se retrouve "sous la lampe", il doit alors rendre des comptes, s'expliquer sur les motivations profondes qui l'ont poussé à transgresser les règles pour acquérir la pièce maîtresse de sa collection.
Ces portraits de collectionneurs délinquants sont effectués en respectant un protocole minutieux. Ils constituent en eux-mêmes un inventaire, un catalogue pour un policier cherchant à dresser une typologie des criminels interpelés.
Le décor est froid, c'est l'ambiance sombre, inquiétante, sans couleur de la salle d'interrogatoire. Le prévenu, dans sa tenue fétiche, est invité à passer aux aveux. Il se soumet de plus ou moins bon gré aux questions posées alors qu'on le confronte à l'objet du délit...
La série est réalisée chez moi, dans ma cuisine j’utilise mon environnement quotidien comme studio avec un minimum de matériel : c’est un travail réalisé « dans la pauvreté ». Chaque personne, modèle et acteur, apporte une part d’elle-même sous la lampe. Elle vient avec « un état » de l’acteur et choisit son vêtement ainsi que l’objet correspondant à son personnage…
« Sous La Lampe » est un travail en cours…

